De l’Abibac au double-diplôme universitaire d’études interculturelles franco-allemandes, par Sarah Bronsard, promo 2017, Lycée Faidherbe de Lille

Lille – Au bout de trois formidables années passées dans la classe Abibac du lycée Faidherbe de Lille, j’obtiens le double-diplôme franco-allemand en 2017. Le travail intense, l’ambiance agréable, l’excellent niveau des cours ; c’est tout un cycle qui touche à sa fin.

Confortée dans ma passion pour les relations franco-allemandes, je suis certaine de vouloir continuer dans ce domaine. Ayant la double nationalité, la culture binationale a toujours joué un rôle central dans ma vie, ce qui m’a amenée à choisir la voie de la continuité. C’est la raison pour laquelle j’ai opté pour un double diplôme franco-allemand dans le supérieur.

Je suis à présent en troisième année du double diplôme Licence/Bachelor d’études interculturelles franco-allemandes. Ce cursus intégré labellisé par l’université franco-allemande (UFA) est proposé par l’université Sorbonne Nouvelle Paris 3 et s’effectue en collaboration avec la Freie Universität Berlin. Il constitue par ailleurs le seul cursus intégré de ce champ disciplinaire et de ce niveau implanté respectivement à Paris et à Berlin.

Chacune des deux universités partenaires offre chaque année 10 à 12 places, pouvant donc accueillir 20 à 24 étudiants chaque année.

L’Abibac : une préparation idéale

En effet, ce cursus est sélectif, les places sont limitées et la sélection est opérée par un jury international. Pour être capable de suivre les cours en allemand à Berlin, un très bon niveau d’allemand est exigé. L’Abibac constitue donc une préparation idéale tant sur le plan linguistique que sur le contenu des cours. Les cours d’histoire franco-allemande dispensés en classe de première et de terminale étaient particulièrement utiles en vue de ce qui m’attendait en L1.

Au-delà des connaissances, je retrouve dans ce cursus une ambiance et un encadrement similaire à la classe d’Abibac : l’organisation d’ateliers interculturels dans les deux villes permettent de renforcer la cohésion de groupe à travers la découverte de secteurs culturels et de métiers spécifiques du franco-allemand, tout comme des projets collectifs menés en troisième année.

Quels sont les enseignements dispensés ?

La licence d’études interculturelles franco-allemandes se caractérise avant tout par sa pluridisciplinarité.  Elle comprend des enseignements de langue et de littérature, de sociétés et cultures, de traduction, de droit (français, allemand, européen) et de science politique. Une attention particulière est par ailleurs accordée à l’étude des relations politiques et culturelles franco-allemandes et à l’apprentissage d’une nouvelle langue ou l’approfondissement des connaissances d’anglais est conseillé.

Un stage obligatoire – une démarche professionnalisante

Pour valider la licence, nous devons obligatoirement faire un stage dans le pays de la langue cible, en l’occurrence un pays germanophone.

Le meilleur moment ? Les « vacances » inter-semestrielles, appelées « vorlesungsfreie Zeit » en Allemagne. La plupart des étudiants du côté parisien ont en effet effectué leur stage à partir du mois de février de la L2, tandis que d’autres ont choisi d’étaler les heures pendant le semestre. Quelle que soit la période choisie, l’important est de respecter le volume horaire de 240 heures de travail, ce qui correspond à 6 semaines de stage.

Les lieux choisis ? L’approche pluridisciplinaire de la licence laisse une grande marge de liberté. Des maisons d’édition, des rédactions de presse, des librairies sont des exemples dans le secteur littéraire. Des orientations politiques sont tout à fait possibles, comme un stage à l’Ambassade de France en Allemagne. Bien sûr, des stages facultatifs sont également encouragés.

Attirée par le journalisme dans le domaine franco-allemand, j’ai obtenu un stage à la deuxième chaîne de télévision allemande (ZDF) dans le bureau de la capitale, où j’assisterai l’équipe de l’émission d’investigation politique Frontal 21.

L’année de mobilité à Berlin

Après avoir passé la première année à Paris, nous nous sommes tous retrouvés à la Freie Universität Berlin pour notre deuxième année. C’était une année très enrichissante à tous points de vue.

Tout d’abord sur le plan linguistique : parler allemand au quotidien, à l’université, mais aussi en dehors du cadre académique est un atout primordial pour faire des progrès considérables en peu de temps. C’est l’occasion de mettre en pratique ses connaissances théoriques et de s’imprégner davantage de la « mélodie de la langue ». Bien sûr, le passage en Abibac constitue là aussi une excellente préparation, surtout si vous avez eu l’occasion de participer au programme Voltaire ou Brigitte Sauzay. 

Culturellement, le séjour à Berlin permet de se forger une opinion plus concrète de la vie quotidienne des habitants et d’observer les différences interculturelles entre les deux pays. Ce sont des éléments que l’on n’apprend pas en cours, mais seulement au contact avec la réalité, ce qui est à mon sens particulièrement important. Et parfois, certains clichés se confirment …

Par ailleurs, de nouvelles amitiés se créent, permettant ainsi un réel échange binational. Vivre à Berlin est en effet très agréable. C’est une ville verte, parsemée de parcs et entourée de lacs dans lesquels les Berlinois aiment se baigner en été. Très cosmopolite, Berlin est selon moi la capitale mondiale de la « culture alternative » – l’art, les squats, les quartiers comme Kreuzberg ou Neukölln témoignent d’un mode de vie à l’opposé de Paris. Les adeptes de l’alimentation végan et des vêtements vintage de seconde main y sont nombreux !

L’immersion dans un autre système universitaire a sans doute représenté l’expérience la plus intéressante, tellement les différences sont nombreuses. Les méthodes d’enseignement axées sur l’oral, la mentalité des étudiants, la structure des semestres ou encore la grande autonomie dont disposent les étudiants ne sont que quelques exemples parmi d’autres.

A Berlin, nous avions essentiellement des cours de littérature et de droit, pour lesquels une bonne maîtrise de la langue était essentielle. Même si certains cours étaient destinés à des étudiants étrangers, nous assistions également à des cours de droit dispensés à de futurs juristes, ce qui supposait une adaptation rapide.

Quant au financement, nous disposions tous d’une bourse Erasmus et d’une bourse de l’UFA qui soutient activement ce cursus. Ainsi, la majorité des frais étaient couverts.

Quels sont les débouchés ?

Comme le suggère le choix des stages et la diversité des enseignements dispensés tout au long du cursus, les débouchés sont en effet très variés. Les métiers sur lesquels peut déboucher le cursus sont ceux des acteurs et médiateurs des relations franco-allemandes et de la formation, de l’édition, du tourisme et de l’administration publique et privée. Nombreux sont ceux qui se spécialisent en master, tandis que d’autres intègrent de grandes écoles comme Sciences Po ou l’ENA.

A titre d’exemple, le master de journalisme franco-allemand international en partenariat avec l’université Gutenberg de Mayence vient d’être créé et se place en continuité de la licence. Beaucoup de personnes diplômées de ce cursus travaillent aujourd’hui pour un média allemand, la ARD, Deutsche Welle ou encore Deutschlandfunk, d’autres dans l’organisation de projets culturels, en tant que traducteurs ou enseignants.

A l’issue de la licence, je souhaiterai m’engager dans les affaires européennes. La classe d’Abibac puis le double diplôme franco-allemand actuel ont permis de me spécialiser dans les relations binationales, ce qui constitue un atout incontestable pour une carrière internationale.

Si vous êtes passionné par les relations franco-allemandes, que vous souhaitez suivre une formation pluridisciplinaire débouchant à terme éventuellement dans les secteurs culturels, alors cette licence est faite pour vous.

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