Entretien avec Bruno Studer. Le franco-allemand vu de l’Assemblée Nationale

M. Bruno Studer est le président de la commission de l’Education et de la Culture de l’Assemblée Nationale.

Entretien réalisé par Xavier de Glowczewski, président de l’association Réseau Abibac

Revue Abibac (RA) : En tant que président de la commission de l’Education et de la Culture de l’Assemblée, pourriez-vous expliciter pour nos lectrices et nos lecteurs certains projets qui ont un lien étroit avec l’Education ?

Bruno Studer (BS) : L’éducation nationale est un des domaines de compétence de la commission qui traite également des affaires concernant la culture, les médias, l’enseignement supérieur, la recherche, le sport, la vie associative et la jeunesse. C’est une commission au sein de laquelle sont étudiés tous les textes de loi qui concernent ces domaines. En ce qui concerne l’éducation, nous pouvons bien entendu citer le projet de loi pour une école de la confiance, mais aussi la proposition de loi encadrant l’usage des téléphones portables par exemple. Au moment où l’on se parle, le travail en cours concerne le vote du budget de l’Etat qui traduit les grandes orientations que le gouvernement propose à l’Assemblée nationale : dans le domaine de l’éducation, ces priorités sont l’amélioration les taux d’encadrement à l’école primaire ou encore l’école inclusive. Pour contrôler l’éducation nationale où les textes réglementaires ont une place très importante (Jean-Michel Blanquer réforme ainsi le baccalauréat sans passer par la loi) la commission dispose de moyens pour que les députés puissent mener à bien leur mission constitutionnelle de contrôle et d’évaluation : ces sont des auditions publiques et les missions d’information.

R. A. : Avez-vous des liens particuliers avec l’Allemagne ?

B. S. : Quand on est Alsacien, on a des liens très particuliers avec l’Allemagne…J’ai habité 15 mois à Leverkusen où j’ai effectué une partie de mon stage d’enseignant stagiaire avant d’y être détaché comme tout jeune enseignant néo-titulaire. J’ai enseigné l’Allemand en école primaire, dans des sections européennes et bien entendu, en Abibac (nous avions lancé en 2005 la section à Nancy avec François Neis et Bernard Jeanningros). Aujourd’hui je suis membre de la toute jeune assemblée parlementaire franco-allemande : le couple franco-allemand ne peut plus se limiter aux relations de nos deux exécutifs !

R. A. : Cette année, l’Abibac fête ses 25 ans, quel est votre sentiment quant à ce projet ? 

B. S. : L’Abibac a 25 ans ! Je veux saluer les pionniers : ceux qui y ont cru avant tous les autres ! Je me souviens aussi de l’édition du premier livre commun sur le programme de terminale ! Quelle réussite, quel exploit que d’arriver à faire converger nos deux pays sur de tels projets ! J’aime toujours à rappeler que l’Allemand n’est pas une langue étrangère et mais que c’est la langue de certains de nos concitoyens. L’Abibac est une de ces réalisations qui font avancer l’Europe.

R. A. : Si l’Abibac a connu une réelle dynamique, parallèlement on remarque un essoufflement de l’enseignement de l’allemand en France et du français en Allemagne… partagez-vous cette préoccupation ?

B. S. : C’est bien entendu un sujet de préoccupation. Aujourd’hui, en Alsace, où il y a une volonté très forte de développer l’enseignement bilingue, on manque cruellement de professeurs et il faut que l’Etat s’appuie davantage sur les collectivités territoriales : ce sera le cas dans la future collectivité européenne d’Alsace !  Nos amis de la Sarre lancent aussi une grande politique en faveur du Français : c’est bien un signe que les politiques locales font partie de la solution. Le traité d’Aix la Chapelle vient rappeler les objectifs ambitieux que nos deux pays doivent poursuivre en la matière !

R. A. : Concrètement au niveau de l’Assemblée Nationale, voyez-vous des signes tangibles de convergences franco-allemandes ? Pensez-vous que le traité d’Aix-la-Chapelle dépassera l’ordre des symboles ? 

B. S. : Au niveau de l’Assemblée, au-delà du groupe d’amitié France-Allemagne très dynamique, l’Assemblée parlementaire franco-allemande nous permet d’avoir un ordre du jour et de contrôler nos gouvernements respectifs : c’est inédit ! C’est précisément parce qu’il faut impérativement que le traité d’Aix la Chapelle ne soit pas qu’un symbole que nous nous sommes dotés de ce nouvel organe interparlementaire, une première.

R. A. : J’aimerais, si vous le voulez bien, terminer notre entretien sur une note plus personnelle. Quel message voudriez-vous faire passer aux jeunes qui aujourd’hui sont en Abibac et ont fait le choix du franco-allemand ?

B. S. : Les motivations pour aller vers l’Abibac sont, je le sais, très différentes d’un jeune à l’autre. C’est par contre toujours un choix exigeant et les efforts à fournir sont importants, et je leur souhaite beaucoup de réussite ! Ce que je leur souhaite, aussi, c’est vraiment de saisir toutes les opportunités qui s’offriront à eux pour partir apprendre, étudier ou vivre en Allemagne : allez-y ! les voyages forment la jeunesse ! Je veux aussi avoir un mot pour les professeurs et les remercier pour tout le travail qu’ils fournissent pour des élèves auxquels ils sont très dévoués et grâce à eux, comme je l’ai dit plus haut, c’est l’Europe qui avance… et elle a bien besoin de ses hussards ! 

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