Un Abibac sur les pas du Dr. Albert Schweitzer

Certains d’entre vous me connaissent peut-être déjà, j’ai publié un article en 2018 sur mes études de médecine en Allemagne. Je m’appelle Nathanaël, 23 ans, promo Abibac du lycée Faidherbe 2014 et je suis actuellement en année de césure pour écrire ma thèse de médecine (Dr. Med), que j’effectue à l’université de Tübingen.

L’université de Tübingen a créé un partenariat solide avec le centre de recherche médicale de Lambaréné (Gabon) et a décidé de m’envoyer un an à Lambaréné étudier le paludisme sur les traces d’un certain Dr. Albert Schweitzer.  

Mais qui est-donc ce Dr. Albert Schweitzer ?

Albert Schweitzer, né en 1875 est arrivé ici à Lambaréné en 1913. Personnage marquant et énigmatique, à la fois allemand mais re-naturalisé français à la fin de la Première Guerre mondiale, refusant la guerre en 1914 pour la première fois mais aussi de s’allier au nazisme et leurs expérimentations eugénistes durant la moitié du XXème siècle. Aujourd’hui encore, Albert Schweitzer reste un des plus grands personnages du XXème siècle, et il a été récompensé pour son humanisme en 1952 par un prix Nobel de la paix.

Plus de 100 ans après, son hôpital est toujours présent ici à Lambaréné, une petite ville du Gabon, située sur les rives de l’Ogooué. Ses principes et son éthique sur le respect de la vie sont encore aujourd’hui cités et enseignés. Depuis 1992, un grand centre de recherche est né ici à Lambaréné pour améliorer et développer la recherche médicale en médecine tropicale. Auparavant rattaché à la fondation Albert Schweitzer, aujourd’hui c’est un centre de recherche de haut niveau en matière de maladies infectieuses. Ici, on teste et développe de nouvelles thérapies contre le paludisme, la tuberculose ou la bilharziose mais aussi des vaccins.

Un exemple de projet franco-allemand 

J’ai toujours été attiré par la médecine en Afrique sub-saharienne, mais surtout par l’humanitaire. Au cours d’un stage aux urgences-réanimation à l’hôpital général de Douala, au Cameroun, j’ai été très touché par les conditions difficiles de la prise en charge des patients et le manque de matériels hospitaliers. Cela m’a amené à réfléchir et m’a poussé à me lancer dans ce projet.

C’est à l’occasion d’une chope de bière avec mon ancien professeur d’histoire géographie, que mon projet a germé dans ma tête. Il m’a parlé d’une nouvelle thérapie pour lutter contre le paludisme, efficace et peu onéreuse. J’ai ensuite contacté l’institut de médecine tropicale de l’université de Tübingen pour proposer mon projet de thèse. Qui plus est, un ensemble d’instituts de recherche français dont le CNRS, l’Institut Pasteur et l’IRD ont décidé de monter un consortium sur le même sujet. De fil en aiguille et après quelques mails, mon projet a pu s’intégrer au sein de ce consortium. Aujourd’hui, c’est avec un grand enthousiasme que j’ai la chance de travailler avec des chercheurs de renommée internationale au sein d’un partenariat franco-allemand.

Quelle est donc ma mission à Lambaréné ?

Ma mission ici, consiste à mieux comprendre la transmission vectorielle du paludisme en Afrique, mais aussi à chercher de nouvelles thérapies permettant de bloquer sa transmission.

Le paludisme, ou malaria, reste la maladie infectieuse la plus meurtrière dans le monde. Elle est due à un parasite du genre Plasmodium, propagée par la piqûre d’une certaine espèce de moustique, l’Anophèle.

En 2017, nous comptions plus de 430 000 décès, et malheureusement pour 93 % des cas en Afrique sub-saharienne. Le paludisme est aussi associé à la pauvreté et représente un frein important au développement économique et humain. Le coût des frais de soins, d’hospitalisation ou de médicaments ont un impact économique important, et ne peuvent parfois pas être pris en charge par les foyers. Les frais de soins couplés à la présence de médicaments de mauvaise qualité ou falsifiés ne font que maintenir un taux de mortalité élevé dans les zones impaludées.

Chaque jour, nous recensons la population dans les villages et diagnostiquons la présence de parasites dans le sang des ménages. Si les patients sont positifs au test de dépistage, ils bénéficient d’un traitement et d’une prise en charge gratuits.

Grâce à la participation et au prélèvement sanguin de nos patients dans notre étude, nous pouvons tester et développer de nouvelles molécules dans le but d’éradiquer le paludisme.

Dans un contexte dans lequel l’Europe subit des moments troubles, il est primordial de renforcer nos partenariats franco-allemands, notamment dans le domaine de la recherche médicale. Il n’existe malheureusement que très peu de partenariats académiques entre la France et l’Allemagne dans le domaine de la médecine. Ensemble, en réunissant nos compétences, nous pouvons avancer plus vite et mettre au point de nouveaux traitements.

Nathanäel SAISON

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