L’expérience « AbiBac » et mes études en médecine

Par Romain Girard, lycée Fabert de Metz

Je m’appelle Romain, j’ai bientôt 20 ans et je vais rentrer en 3e année de médecine. Voilà maintenant deux ans que j’ai eu mon baccalauréat et mon Abitur grâce au double-cursus Abibac que j’ai réalisé au lycée Fabert à Metz !

Si je dois résumer mes années AbiBac en un mot, je dirais épanouissement. En effet, lors de mes trois années lycée, j’ai pu m’épanouir tant scolairement que personnellement.

J’ai toujours voulu approfondir mes connaissances en langues étrangères et plus particulièrement en allemand, déjà parce que j’habite à proximité de la frontière, mais également parce que cette langue me passionne, notamment par sa rigueur. La culture et l’histoire de ce pays sont riches, et c’est grâce à ce parcours en Abibac que j’ai pu les découvrir ou redécouvrir. C’est aussi grâce à ce double cursus que l’on apprend à bien s’exprimer, bien sûr en allemand mais aussi en français, en ayant un discours clair, précis et bien construit.

Durant ces trois années, on s’ouvre au monde par le biais des voyages, la découverte d’une nouvelle culture. J’ai pu participer en Seconde à un programme Sauzay pendant deux mois, qui m’a certes apporté de nombreuses choses sur le plan scolaire mais davantage sur le plan personnel. Je suis ressorti de ces deux mois d’échange en ayant davantage confiance en moi, en étant plus indépendant et plus ouvert au monde. Je suis donc parti à Nuremberg, en Bavière, où j’ai pu découvrir l’école allemande, l’histoire de cette magnifique ville et connaître mon correspondant Tim et ses parents, toujours adorables avec moi. J’ai même pu assister à un procès grâce à la mère de mon correspondant qui était juré ! J’ai gardé contact avec eux, j’ai même réalisé des échanges de deux semaines durant les deux années suivantes et j’ai encore régulièrement de leurs nouvelles !

L’Abibac, ce n’est pas seulement l’apprentissage d’une langue, mais la découverte d’une culture, de soi-même et cela nous rend plus mature.

Ce parcours est exigeant, demande de la rigueur et permet de se préparer aux études supérieures. J’ai toujours été passionné par la science et les sciences humaines et c’est pourquoi je me suis dirigé vers des études dans le domaine médical. Je suis actuellement en troisième année de médecine à Nancy. Ce choix peut vous paraître un peu incongru étant donné qu’il n’a, d’apparence, aucun lien avec la langue allemande. Cependant, le parcours Abibac m’a servi pour réussir mes études médicales. En effet de la rigueur, de l’ouverture d’esprit, de l’indépendance sont nécessaires dans tous les cursus post-bac et ce sont des compétences que l’on acquiert durant ce cursus exceptionnel. Alors quelles que soient vos ambitions post-bac, dites-vous que ce que vous avez appris en Abibac vous servira toute votre vie. De plus je suis intéressé par des cursus de recherche médicale et l’ouverture européenne (et internationale) que m’ont offert mes années lycée peut être un atout majeur durant les années à venir. L’Allemagne est un pays leader de la recherche en Europe et cela peut ouvrir de nombreuses perspectives par la suite ! Bien connaître une langue est d’ailleurs toujours un atout, quel que soit notre futur métier.

Alors si vous voulez découvrir la culture allemande, son histoire et sa langue et que vous souhaitez également mûrir, vous développer personnellement, choisissez un parcours Abibac, éclatez-vous et surtout profitez-en pour faire un échange !

Un grand merci aussi à tous mes professeurs d’AbiBac qui sont toujours disponibles et à l’écoute pour nous aider !

Mes études en sciences politiques au sein d’un cursus franco-allemand

Par Pauline Grimmer, ex-Abi du lycée Fabert de Metz

Je suis née et ai grandi à Metz. La proximité géographique et historique de cette ville avec l’Allemagne m’a poussée à apprendre l’allemand dès la sixième. Désireuse d’en savoir encore plus sur la langue et la culture allemande, c’est tout naturellement que je me suis dirigée vers une classe AbiBac au lycée. J’ai finalement obtenu mon AbiBac au Lycée Fabert en 2014.

Après ces trois années d’apprentissage intense de la langue allemande, je ne souhaitais pas abandonner mon niveau que je considérais comme un précieux outil, à la fois pour ma vie personnelle et professionnelle. Surtout, mes quelques séjours et échanges linguistiques en Allemagne effectués dans le cadre scolaire ont développé mon envie d’y expérimenter la vie quotidienne sur le long terme. J’ai ainsi suivi des études en sciences politiques au sein d’un cursus franco-allemand entre Sciences Po Aix-en-Provence et l’Albert-Ludwigs-Universität Freiburg.

Je ressors de ces cinq années d’études grandie. En effet, quitter le confort du foyer familial à 17 ans pour partir s’installer outre-Rhin était une grande aventure, mais j’ai pu compter sur les solides bases fournies par l’AbiBac pour suivre les cours intégralement dispensés en allemand, au même titre que les étudiants locuteurs natifs. Intégrer un cursus universitaire franco-allemand permet une immersion totale dans le pays partenaire. Grâce à mes années passées à Fribourg, j’ai pu non seulement considérablement perfectionner ma maîtrise de la langue de Goethe, mais également découvrir une autre culture, une autre vision du monde du travail, un autre système académique, avec ses propres méthodes et contraintes, etc. Ces années m’ont apporté rigueur, capacité d’adaptation et des compétences interculturelles qui sont aujourd’hui les clés d’une carrière professionnelle dans un monde globalisé.

Pour ma part, cette expérience franco-allemande a également confirmé et renforcé mon intérêt pour l’Union Européenne. C’est ainsi que je me suis spécialisée en politiques européennes lors de ma dernière année d’études à Sciences Po. J’ai par la suite intégré le Collège d’Europe à Bruges pour une année d’études supplémentaire, où des étudiants de près de quarante nationalités différentes se penchent sur divers sujets européens, tels que le droit, l’économie, la politique et la diplomatie.

Après ces six années d’études, j’ai trouvé un premier emploi en affaires publiques européennes à Bruxelles, où le multilinguisme et le multiculturalisme sont la norme. Même si l’anglais y est la langue de travail dominante, la maîtrise de l’allemand et des codes culturels germaniques représente un atout considérable compte tenu du nombre de germanophones présents dans la capitale de l’Europe. L’AbiBac représente donc une réelle ouverture d’esprit, une curiosité sur le monde et sur les autres qu’il est bon de conserver tout au long de sa vie professionnelle et personnelle. C’est un défi intellectuel qui vaut la peine d’être relevé.

La mécatronique à Lörrach

La mécatronique, vous connaissez ?

Découvrez les témoignages de Pauline, Vadim et Sarène…

Pauline Eberts

DHBV Absolventin

Mit dem Studium zu mir selbst – Während meines Auslandssemesters durfte ich feststellen, dass Wandel tatsächlich außerhalb der Komfortzone beginnt. Die Zeit in Großbritannien war eine bunte Mischung aus Gefühlsachterbahnen, vielen Dingen, die ich zum allerersten Mal ausprobierte, und tiefe Freundschaften, die wahrscheinlich ein Leben lang halten werden.
Pauline Eberts: DHBW Absolventin (Wirtschaftsförderung Lörrach GmbH)

Vadim Allheily

Das Duale Studium im Bereich Mechatronik Trinational an der DHBW Lörrach bietet die Möglichkeit, sich persönlich im Bereich Management sowie in vielseitigen wissenschaftlichen und technischen Fachgebieten zu verbessern. Besonders die Multikulturalität steht im Mittelpunkt des Studiums, da die Ausbildung abwechselnd in Frankreich, in Deutschland und in der Schweiz stattfindet, und mehrere ausländische Unternehmenspraktika beinhaltet. Dadurch ist auch der Lehrplan ein einzigartiger Weg, seine Fremdsprachenkenntnissen zu vertiefen sowie die Arbeitsmethoden unserer grenzüberschreitenden Kollegen zu entdecken. Der Einstieg in die Triregio-Berufswelt ist mit diesem Ansatz auf jeden Fall optimal vorbereitet.

Le double programme d’étude de la formation mécatronique trinationale à la DHBW Lörrach permet de se former au management et de perfectionner ses connaissances dans de nombreux domaines d’études techniques et scientifiques. La multiculturalité est également au cœur du cursus d’apprentissage, puisque la formation se déroule alternativement en France, en Allemagne et en Suisse et inclut plusieurs périodes de stage en entreprise à l’étranger. Il s’agit donc une opportunité unique afin d’améliorer ses connaissances linguistiques et de découvrir les méthodes de travail de nos collègues transfrontaliers, ce qui par la suite facilite pleinement l’insertion professionnelle au sein de l’espace Triregio.

Vadim-Allheily

Sarène Ziffel

  • Der Studiengang Mechatronik Trinational in Frankreich, Deutschland und der Schweiz ist nicht nur eine Ingenieurausbildung, sondern ein kultureller, intellektueller und sprachlicher Austausch einer Dauer von dreieinhalb Jahren.
  • Mechatronik Trinational hat mich zweifellos auf den richtigen Zukunftsweg gebracht, meine Aufgabe ist es jetzt, diesen Weg weiterzuführen…

De l’Abibac au double-diplôme universitaire d’études interculturelles franco-allemandes, par Sarah Bronsard, promo 2017, Lycée Faidherbe de Lille

Lille – Au bout de trois formidables années passées dans la classe Abibac du lycée Faidherbe de Lille, j’obtiens le double-diplôme franco-allemand en 2017. Le travail intense, l’ambiance agréable, l’excellent niveau des cours ; c’est tout un cycle qui touche à sa fin.

Confortée dans ma passion pour les relations franco-allemandes, je suis certaine de vouloir continuer dans ce domaine. Ayant la double nationalité, la culture binationale a toujours joué un rôle central dans ma vie, ce qui m’a amenée à choisir la voie de la continuité. C’est la raison pour laquelle j’ai opté pour un double diplôme franco-allemand dans le supérieur.

Je suis à présent en troisième année du double diplôme Licence/Bachelor d’études interculturelles franco-allemandes. Ce cursus intégré labellisé par l’université franco-allemande (UFA) est proposé par l’université Sorbonne Nouvelle Paris 3 et s’effectue en collaboration avec la Freie Universität Berlin. Il constitue par ailleurs le seul cursus intégré de ce champ disciplinaire et de ce niveau implanté respectivement à Paris et à Berlin.

Chacune des deux universités partenaires offre chaque année 10 à 12 places, pouvant donc accueillir 20 à 24 étudiants chaque année.

L’Abibac : une préparation idéale

En effet, ce cursus est sélectif, les places sont limitées et la sélection est opérée par un jury international. Pour être capable de suivre les cours en allemand à Berlin, un très bon niveau d’allemand est exigé. L’Abibac constitue donc une préparation idéale tant sur le plan linguistique que sur le contenu des cours. Les cours d’histoire franco-allemande dispensés en classe de première et de terminale étaient particulièrement utiles en vue de ce qui m’attendait en L1.

Au-delà des connaissances, je retrouve dans ce cursus une ambiance et un encadrement similaire à la classe d’Abibac : l’organisation d’ateliers interculturels dans les deux villes permettent de renforcer la cohésion de groupe à travers la découverte de secteurs culturels et de métiers spécifiques du franco-allemand, tout comme des projets collectifs menés en troisième année.

Quels sont les enseignements dispensés ?

La licence d’études interculturelles franco-allemandes se caractérise avant tout par sa pluridisciplinarité.  Elle comprend des enseignements de langue et de littérature, de sociétés et cultures, de traduction, de droit (français, allemand, européen) et de science politique. Une attention particulière est par ailleurs accordée à l’étude des relations politiques et culturelles franco-allemandes et à l’apprentissage d’une nouvelle langue ou l’approfondissement des connaissances d’anglais est conseillé.

Un stage obligatoire – une démarche professionnalisante

Pour valider la licence, nous devons obligatoirement faire un stage dans le pays de la langue cible, en l’occurrence un pays germanophone.

Le meilleur moment ? Les « vacances » inter-semestrielles, appelées « vorlesungsfreie Zeit » en Allemagne. La plupart des étudiants du côté parisien ont en effet effectué leur stage à partir du mois de février de la L2, tandis que d’autres ont choisi d’étaler les heures pendant le semestre. Quelle que soit la période choisie, l’important est de respecter le volume horaire de 240 heures de travail, ce qui correspond à 6 semaines de stage.

Les lieux choisis ? L’approche pluridisciplinaire de la licence laisse une grande marge de liberté. Des maisons d’édition, des rédactions de presse, des librairies sont des exemples dans le secteur littéraire. Des orientations politiques sont tout à fait possibles, comme un stage à l’Ambassade de France en Allemagne. Bien sûr, des stages facultatifs sont également encouragés.

Attirée par le journalisme dans le domaine franco-allemand, j’ai obtenu un stage à la deuxième chaîne de télévision allemande (ZDF) dans le bureau de la capitale, où j’assisterai l’équipe de l’émission d’investigation politique Frontal 21.

L’année de mobilité à Berlin

Après avoir passé la première année à Paris, nous nous sommes tous retrouvés à la Freie Universität Berlin pour notre deuxième année. C’était une année très enrichissante à tous points de vue.

Tout d’abord sur le plan linguistique : parler allemand au quotidien, à l’université, mais aussi en dehors du cadre académique est un atout primordial pour faire des progrès considérables en peu de temps. C’est l’occasion de mettre en pratique ses connaissances théoriques et de s’imprégner davantage de la « mélodie de la langue ». Bien sûr, le passage en Abibac constitue là aussi une excellente préparation, surtout si vous avez eu l’occasion de participer au programme Voltaire ou Brigitte Sauzay. 

Culturellement, le séjour à Berlin permet de se forger une opinion plus concrète de la vie quotidienne des habitants et d’observer les différences interculturelles entre les deux pays. Ce sont des éléments que l’on n’apprend pas en cours, mais seulement au contact avec la réalité, ce qui est à mon sens particulièrement important. Et parfois, certains clichés se confirment …

Par ailleurs, de nouvelles amitiés se créent, permettant ainsi un réel échange binational. Vivre à Berlin est en effet très agréable. C’est une ville verte, parsemée de parcs et entourée de lacs dans lesquels les Berlinois aiment se baigner en été. Très cosmopolite, Berlin est selon moi la capitale mondiale de la « culture alternative » – l’art, les squats, les quartiers comme Kreuzberg ou Neukölln témoignent d’un mode de vie à l’opposé de Paris. Les adeptes de l’alimentation végan et des vêtements vintage de seconde main y sont nombreux !

L’immersion dans un autre système universitaire a sans doute représenté l’expérience la plus intéressante, tellement les différences sont nombreuses. Les méthodes d’enseignement axées sur l’oral, la mentalité des étudiants, la structure des semestres ou encore la grande autonomie dont disposent les étudiants ne sont que quelques exemples parmi d’autres.

A Berlin, nous avions essentiellement des cours de littérature et de droit, pour lesquels une bonne maîtrise de la langue était essentielle. Même si certains cours étaient destinés à des étudiants étrangers, nous assistions également à des cours de droit dispensés à de futurs juristes, ce qui supposait une adaptation rapide.

Quant au financement, nous disposions tous d’une bourse Erasmus et d’une bourse de l’UFA qui soutient activement ce cursus. Ainsi, la majorité des frais étaient couverts.

Quels sont les débouchés ?

Comme le suggère le choix des stages et la diversité des enseignements dispensés tout au long du cursus, les débouchés sont en effet très variés. Les métiers sur lesquels peut déboucher le cursus sont ceux des acteurs et médiateurs des relations franco-allemandes et de la formation, de l’édition, du tourisme et de l’administration publique et privée. Nombreux sont ceux qui se spécialisent en master, tandis que d’autres intègrent de grandes écoles comme Sciences Po ou l’ENA.

A titre d’exemple, le master de journalisme franco-allemand international en partenariat avec l’université Gutenberg de Mayence vient d’être créé et se place en continuité de la licence. Beaucoup de personnes diplômées de ce cursus travaillent aujourd’hui pour un média allemand, la ARD, Deutsche Welle ou encore Deutschlandfunk, d’autres dans l’organisation de projets culturels, en tant que traducteurs ou enseignants.

A l’issue de la licence, je souhaiterai m’engager dans les affaires européennes. La classe d’Abibac puis le double diplôme franco-allemand actuel ont permis de me spécialiser dans les relations binationales, ce qui constitue un atout incontestable pour une carrière internationale.

Si vous êtes passionné par les relations franco-allemandes, que vous souhaitez suivre une formation pluridisciplinaire débouchant à terme éventuellement dans les secteurs culturels, alors cette licence est faite pour vous.

Les études de droit en France et en Allemagne par Etienne Fritz, du lycée Charles de Gaulle de Dijon, promo 2016

Le cursus en droit français et allemand de l’Université Panthéon Sorbonne de Paris et de l’Université de Cologne m’a offert l’opportunité de continuer mes études franco-allemandes après l’AbiBac que j’ai obtenu en 2016.

Ce parcours est divisé en deux années à Cologne au cours desquelles les étudiants apprennent les bases du droit allemand puis en deux années à Paris durant lesquelles les étudiants apprennent les bases du droit français. Ils peuvent se spécialiser dans la branche de Master qu’ils souhaitent lors de la quatrième année. En tant que français ce fut une véritable chance pour moi de pouvoir directement commencer mes études en Allemagne car cela m’a permis de maintenir mon niveau d’allemand atteint en AbiBac.

De plus on ne perd pas de temps, tant en France qu’en Allemagne. On obtient le diplôme du Master 1 à la fin de ces quatre années d’études bien qu’ayant étudié pendant deux ans en Allemagne. À travers la connaissance de deux cultures, deux approches juridiques, l’étudiant atteint une certaine ouverture d’esprit et de meilleures compétences, même en évoluant dans sa seule sphère nationale. Cette expérience n’aurait pas été possible sans un double bac et s’inscrit ainsi dans sa parfaite continuité.

Le droit étant fondamentalement national, on peut se demander quel est le but recherché par un tel cursus. Il est très simple :

D’une part, l’intégration juridique très aboutie de l’Union Européenne représente un avantage tout particulier pour des juristes capables de comprendre deux systèmes européens.

D’autre part, agissant dans son système national en droit national, l’étudiant bénéficie d’une ouverture exceptionnelle liée à sa connaissance d’un droit étranger.

Enfin ce cursus m’a permis de découvrir deux façons d’étudier différentes et a beaucoup augmenté mon efficacité dans le travail.

Pour toutes ces raisons je serai éternellement reconnaissant d’avoir pu faire un double bac et d’avoir pu poursuivre mes études dans un tel cursus alliant la connaissance de deux pays, deux cultures, deux langues, et deux pratiques professionnelles.

De l’Abibac à la double licence d’Allemand et de Lettres Modernes à Paris IV, par Marine Ducoin, du lycée Nelson Mandela de Nantes, promo 2019

Je suis Marine, j’ai 18 ans et je viens tout juste de faire ma rentrée en L1, en double licence d’Allemand et de Lettres-Modernes, dans un cursus en partenariat avec l’Université de Bonn. En juillet dernier, j’ai reçu mon diplôme de l’Abibac au lycée Nelson Mandela à Nantes. Avoir eu la chance d’effectuer ce cursus au lycée m’a permis de m’enrichir d’un point de vue scolaire mais aussi d’un point de vue purement personnel, en effet, grâce à l’Abibac, j’ai pu acquérir des connaissances grammaticales en Allemand et des clefs pour étudier et comprendre des textes en version originale, ce qui s’avère très utile pour ce premier semestre en LLCER d’Allemand. Par ailleurs, j’ai pris l’habitude pendant ces trois dernières années d’avoir des heures de cours uniquement en Allemand (Histoire et Géographie) ce qui me permet aujourd’hui d’avoir un certain confort au niveau de la compréhension de la langue mais également une certaine liberté dans la prise de parole et la prise de notes en Allemand. Je pense qu’en Abibac, on apprend aussi à travailler de manière autonome et efficace, à s’organiser dans la charge de travail qui s’impose et la bonne ambiance dans la classe ainsi que l’écoute offerte par les enseignant.e.s chargé.e.s de ce cursus fait que tout se déroule à merveille. De plus, j’ai eu la possibilité de participer à plusieurs échanges, dont un « Brigitte Sauzay » en Seconde, encore une fois, c’est une expérience enrichissante qui nous permet de progresser dans la langue en elle-même, de perfectionner notre accent et de rencontrer des Allemands, de nouer des liens avec la famille d’accueil et avec le ou la correspondante et bien sûr d’en apprendre plus sur l’Histoire de l’Allemagne. En Première, j’avais pu participer à un projet franco-allemand, financé par l’OFAJ, en devenant Jury Jeune lors du Festival du Cinéma allemand à Nantes, ce qui m’a permis par la suite d’assister au Festival du Cinéma Max Ophüls à Sarrebruck et donc de découvrir des films allemands récents, de rencontrer des jeunes Allemandes de mon âge avec lesquelles j’ai gardé contact et de visiter la ville de Sarrebruck. Je pense que lors de la sélection qui se fait via Parcoursup, les enseignant.e.s qui recrutent dans des filières spécifiques ou à forte demande sont sensibles aux élèves qui sortent d’un cursus Abibac et d’autant plus si ces derniers demandent un parcours qui s’inscrit dans la continuité de ce qu’ils ont pu effectuer au lycée, donc cela ne peut être que bénéfique pour la poursuite d’études.

De l’Abibac à l’ingénieurie en génie civil par Julien Pressoir

Actuellement élève ingénieur en génie civil, je suis un double cursus franco-allemand afin d’obtenir un double diplôme, dans la continuité de l’abibac.

J’ai comme objectif de m’orienter vers un travail à l’international, nécessitant dans mon cas les connaissances en langue de Goethe, Molière et naturellement l’anglais qui reste inévitable.

C’est justement l’abibac qui m’a donné cette ouverture d’esprit, cette envie de voyager et cette volonté de découvrir d’autres cultures. Les nombreux échanges réalisés et l’apprentissage simultané des deux modes de vie n’y étant pas pour rien. La plupart de mes stages ingénieur ont été réalisé outre Rhin, que ce soit en Autriche ou en Allemagne. Et c’est une fois de plus l’abibac qui me l’a permis. En effet, j’ai pu développer un réseau dense me permettant d’avoir des contacts pour les stages et le logement.

L’Abibac est bien plus qu’un simple baccalauréat, il permet un développement personnel en plus d’un réseau de contact, mais également de nous ouvrir à de nouveaux horizons qui dépassent largement son biculturalisme.

Etudier la médecine ? Et pourquoi pas en Allemagne ? par Nathanaël Saison, promo 2014, Lycée Faidherbe de Lille

Je m’appelle Nathanaël, j’ai aujourd’hui 22 ans et je suis étudiant en troisième année de Médecine à l’Université de Duisburg-Essen (Universitätsklinikum Essen).

Après avoir obtenu mon Abibac en 2014, j’ai décidé de partir faire mes études de médecine en Allemagne.

L’Abibac m’a donné la chance d’obtenir l’Abitur et mais surtout de pouvoir étudier la médecine en Allemagne.

Médecine en Allemagne, comment ça marche ?

La formation de base des médecins allemands est composée d’une formation pré-clinique et une formation clinique.

La formation pré-clinique dure 4 semestres. Elle comprend des cours théoriques et pratiques en physique-chimie, biologie, physiologie, biochimie, anatomie et psychologie/sociologie.

La formation s’achève par un examen appelé « Physikum » afin d’accéder à la troisième année et à la suite de la formation.

Pour ma part, je viens de finir la formation pré-clinique et je suis maintenant au début de ma formation clinique.

La formation clinique dure quatre ans avec une année pratique (praktisches Jahr) en 5ème année.

Comment être admis en médecine en Allemagne ?

L’obtention d’une place en médecine (mais aussi pour les études de pharmacie, dentaire et vétérinaire) se fait grâce à la plateforme hochschulstart.de.

Il y a trois critères principaux pour obtenir sa place :

  • 20% des places sont attribuées directement en fonction de la moyenne à l’Abitur (Abiturbestenquote)
  • 20% des places sont attribués uniquement en fonction du temps d’attente après l’Abitur (Wartezeit)
  • 60% des places sont attribuées par les universités elles-mêmes: sur examination du dossier, sur entretien ou bien sur examen (Auswahlverfahren).

En ce sens, il existe trois possibilités de candidature. Soit directement avec la moyenne de l’Abitur, la moyenne souhaitée sera de 1,0 – 1,1 par l’Abiturbestenquote, soit en attendant quelques années avant d’obtenir une place (Wartezeit).

Le plus accessible est le Auswahlverfahren, mais celui-ci est spécifique à chaque université. Il faut donc se renseigner sur les modalités imposées par l’université. Par exemple à Essen, la sélection se fait après entretien (Auswahlgespräch). Il est donc important de s’y préparer et de montrer ses motivations pour son projet d’étude.

Contrairement au système français, la PACES n’existe pas. Une fois la place obtenue peu d’étudiants ne réussissent pas leur étude, c’est un certain avantage et cela rassure beaucoup. En revanche, l’obtention des places est parfois très compliquée

Il est préférable de bien travailler son année de terminale et d’obtenir un bon Abibac quelle que soit la série.

Pourquoi j’ai choisi de faire mes études en Allemagne ?

C’est un peu par hasard que j’ai postulé pour avoir une place en médecine. Les informations sur le sujet étant limités sur internet, je suis un peu parti à l’aventure avec pas mal de craintes et de doutes. Mais au bout de quelques mois, je me suis très vite intégré et j’ai rapidement progressé en termes d’expression orale et les examens se sont enfilés les uns après les autres.

La formation allemande est très axée sur la pratique : 3 mois de stages hospitaliers sont obligatoires pour passer le « Physikum » ainsi qu’un stage d’initiation aux premiers secours.

Il y a aussi beaucoup de travaux pratiques dans les différentes matières, notamment les « Präparierkurs » en Anatomie. C’est une étape importante de la formation allemande et permet d’acquérir de très bonnes bases en anatomie.

D’autre part, l’université offre une ouverture européenne assez intéressante et beaucoup d’étudiants partent en Erasmus dont l’une de nos universités partenaires. La recherche est aussi un point fort, il est possible pour chaque étudiant avant l’approbation de soutenir une thèse soit statistique, clinique ou bien expérimentale.

La vie étudiante en Allemagne, ça donne quoi ?

Très agréable pour ma part, mais cela varie en fonction des villes. L’université offre beaucoup de possibilités d’activité, notamment du sport, des excursions ou bien encore de la musique.

En médecine, il y a quand même une charge de travail non négligeable mais on peut très bien faire des activités à coté sans soucis !

Les résidences universitaires proposent des loyers assez abordables, et on peut vivre très bien avec une bourse modeste. Pour ma part, je vis en WG dans le centre de Essen et je travaille aussi à temps partiel à l’université pour le centre de maladies rares.

La plupart des universités proposent aussi le « Semesterticket » qui permet aux étudiants d’utiliser tous les transports régionaux ou locaux. Cela permet de pouvoir découvrir les différents coins de la région et de partir se balader le week-end.

Quelques conseils ?

Avant tout, il faut maîtriser l’allemand mais surtout aimer vivre en Allemagne. Il ne faut pas avoir peur de se lancer dans un projet allemand, recueillir le maximum d’infos sur l’université envisagée mais surtout être motivé car les études sont un peu longues.

Beaucoup ne connaisse pas forcément les opportunités outre-Rhin et très peu d’élèves de l’Abibac franchissent le pas vers l’Allemagne. Je trouve que cela est vraiment dommage sachant que chacun sort du lycée avec l’Abitur en poche.

Petits mots de la fin :
J’aimerais remercier l’ensemble de l’équipe de l’Abibac du Lycée Faidherbe, notamment N. Kalpakidis et X. De Glowczewski qui font un super boulot et sans qui mon projet n’aurait pas forcément pu aboutir.

J’encourage tous les futurs AbiBacheliers, mais aussi ceux qui se sont peut-être mal orientés ou bien qui n’ont pas trouvé leur voie en France, à ne pas avoir peur de franchir le Rhin et d’aller découvrir les opportunités d’étude en Allemagne.

Mes études en Allemagne en cursus de droit franco-allemand, par Marine Rollier, Lycée Richelieu de Rueil-Malmaison, Promotion 2013

J’étudie actuellement à Munich depuis maintenant un an. J’entame ma 5e année de fac de droit…le temps passe tellement vite !  On stresse pour le bac et même pas le temps de souffler que l’on se retrouve déjà en niveau Bac +5.

J’étudie en Allemagne actuellement car après l’obtention de mon Baccalauréat et de mon Abitur au lycée Richelieu en 2013, j’ai voulu continuer dans un cursus franco-allemand. En effet, j’ai commencé l’allemand à l’âge de 12 ans par pur hasard – en effet je voulais être dans la même classe que ma meilleure amie de l’époque – et j’ai eu un véritable coup de foudre pour la langue. Comme quoi, le hasard fait bien les choses !

Donc comme je disais, après le bac, j’ai intégré l’un des Cursus de droit franco-allemand de l’université Panthéon-Assas, le Cursus BerMüPa. J’ai ainsi fait 3 ans d’études en France pour ensuite m’envoler pour deux ans à Munich, effectuer mon LL.M. à la Ludwig-Maximilians-Universität, magnifique université connue notamment pour la Rose Blanche.

J’appréhendais un peu le départ à l’étranger et surtout le fait de n’étudier qu’en langue étrangère. Finalement, cette peur est assez infondée avec du recul. Le niveau de langue acquis durant les 3 ans de lycée reste et on s’adapte assez facilement à l’apprentissage d’un nouveau vocabulaire (juridique pour ma part).  Surtout, les allemands adorent entendre les Français parler allemand et dire que tu as l’AbiBac est un moyen d’engager la conversation par exemple !

Plus sérieusement, je m’épanouis complètement dans mes études. Le système universitaire allemand est complètement différent du système français. Par exemple, il y a davantage d’interaction avec les professeurs et il ne faut ainsi pas s’étonner d’entendre un étudiant rebondir sur un propos du professeur en plein cours magistral. Etudier dans une autre langue permet une plus grande ouverture d’esprit et si l’on se destine à une carrière internationale, c’est vraiment un prérequis. J’effectue un Master 2 de Droit européen des Affaires et mes études binationales m’ont donné le goût du voyage et d’évoluer dans des langues étrangères ; j’ai par exemple pu effectuer un stage à Londres l’été dernier et cette année, mon stage de fin d’études se passe à Munich.

Pour conclure, je ne peux que conseiller d’intégrer une classe Abibac car on s’y épanouit au lycée et cela nous donne la possibilité d’être dans un cadre international par la suite.