J’ai été recrutée par une entreprise française… en Allemagne par Karine Sakali, lycée Albert Schweitzer – Le Raincy, promotion 2012

J’ai toujours détesté les cours de français, je suis nulle en orthographe, grammaire, commentaire de texte… mais j’ai adoré apprendre des langues étrangères. Alors quand au lycée j’ai eu la possibilité de suivre un cursus me permettant de vraiment apprendre l’Allemand, j’ai sauté sur l’occasion. Et voila comment je me suis retrouvée dans la première promotion de la classe Abibac du lycée Albert Schweitzer (Le Raincy).

Mais bon, il ne fallait pas non plus abuser : faire une filière littéraire…. Jamais ! Et puis quoi encore, moi j’aime le concret : les équations avec des chiffres et des lettres, les calculs d’énergie nécessaire pour monter trois étages et arriver à l’heure en cours. Alors pas question de faire une classe L. Non, moi je prends S. Et puis comme je suis plutôt bonne élève (et complétement masochiste) j’enchaine avec une prépa scientifique suivit d’une école d’ingé généraliste (Centrale Nantes). Alors là, mes profs d’Abibac m’ont regardée et se sont surement dit que je ne me servirais jamais de mon diplôme d’Abibac. Quel gâchis franchement ! Tant d’heures passées à faire ses dissertations d’histoire, à lire des discours de politiciens français… en allemand. Mais aujourd’hui je vais les rassurer. Les écoles d’ingénieur françaises ont ajouté une condition à l’obtention du diplôme d’ingénieur : un séjour à l’étranger ! J’ai bien sûr continué sur la lancée de l’Abibac et je suis partie faire un master dans l’université RWTH à Aix la Chapelle.

Me voici donc arrivée en Allemagne, dans une université avec plus de 30000 étudiants, moi qui viens d’une école d’ingé de 1000 étudiants, je ne vous raconte pas le dépaysement. Un campus divisé en 4, qui se déploie sur toute la ville de Aachen, 60 instituts, et en plus ils ne parlent pas français pour la plupart. Franchement dans la capitale de Charlemagne faut le faire, non ?

 Mais bon c’est là que mes années d’Abibac se sont retrouvées très utiles. Discuter, suivre des cours ou participer à des activités en Allemand je l’avais déjà fait, pas de raison de paniquer ! Enfin si, deux raisons : quand le chef d’orchestre donne une indication pour reprendre, que tu la comprends de travers et que c’est toi qui démarres avec un solo au mauvais endroit (grand moment de solitude garanti). Et la deuxième, quand ils se mettent à te donner des documents en anglais et qu’ils te parlent en allemand. Tu paniques, et il te faut trois minutes pour comprendre que le document n’est pas dans la même langue surtout qu’au début ton cerveau n’arrive pas à parler trois langues à la fois. Boire ou conduire, il faut choisir ! Bah ! c’est pareil dans ce cas ; lire ou écouter il faut choisir. J’ai quand même tenu 4 semestres dans cette université en incluant mon Masterarbeit. Et pendant ce temps j’ai enrichi mon vocabulaire allemand de mots techniques et courants, parmi eux se trouvent : Gelenk pour articulation et liaison mécanique, Blech pour la tôle ou les cuivres en musique, Gurt pour l’armature d’un système et pas seulement la ceinture autour, Kran pour la grue et le robinet, la différence entre löten et schweißen. Je peux à présent me vanter de pouvoir apprendre des mots d’allemand à mes anciens profs d’Abibac… Douce revanche sur ce DST où je ne me souvenais plus du mot « Gewaltenteilung » en seconde…

Mais voilà j’arrive à la fin de mes études et je dois chercher un travail. En France ou en Allemagne ? Je m’en moque, il faut juste que le poste me plaise. J’envoie alors ma candidature à une petite entreprise française trouvée par hasard via le réseau de mon école. Mais pour les entretiens physiques c’est un peu compliqué, je ne peux pas trop aller à Paris pendant mon Masterarbeit (et puis ça coute cher je suis étudiante, pas multimillionnaire). La RH me propose donc un entretien à Düsseldorf, vu qu’ils ont une équipe là-bas. Banco, j’y vais ! Pour les entretiens j’ai beaucoup apprécié leur gentillesse quand ils m’ont demandé dans quelle langue je souhaitais faire l’entretien : anglais ou allemand ? en me précisant qu’ils ne parlaient malheureusement pas français. Je leur retournais la question parce qu’après tout pour moi ça ne fait pas de différence, ce sont deux langues étrangères. Et à la suite de deux entretiens, un en Anglais et l’autre en Allemand, j’ai été embauchée. Mais moi j’étais persuadée que j’étais recrutée dans l’équipe de Paris. Quelle surprise quand je reçois mon contrat ; je découvre que je suis recrutée dans l’équipe de Düsseldorf. Bon bah ! le retour pour la francophonie n’est pas pour tout de suite !

Mon Job en Allemagne par Hugo Lebriez, lycée Richelieu de Rueil-Malmaison, Promotion 2012

J’ai 23 ans, j’habite près de Francfort depuis maintenant presque 4 ans et la semaine prochaine je commencerai mon premier emploi en CDI, dans l’expertise comptable ici à Francfort. Si l’on m’avait raconté cela il y a de ça 8 ans, au début de mon année de 3ème, je ne suis pas sûr que j’y aurais cru. Etant à cette époque un bon élève en Allemand et ayant envie de « vraiment parler la langue », je m’étais dirigé vers la section Abibac du Lycée Richelieu à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine. Je passai et obtins mon Bac ainsi que l’Abitur dans ce lycée en Juin 2012. Par la suite, me destinant à des études dites « de commerce » mais privilégiant l’aspect concret de cet enseignement, je fis le choix de rejoindre une école de commerce post-bac à la Défense, près de Paris, et ce visant l’obtention d’un master (5 ans d’études). Cette école, comme toute école de commerce, offrait la possibilité d’effectuer une partie du cursus à l’étranger. Voulant rester dans la lignée de l’Abibac et souhaitant retrouver un niveau en allemand diminué depuis la sortie du lycée, je pris donc la décision de partir pour 1 an et demi dans une université allemande (EBS Universität für Wirtschaft und Recht) près de Francfort, avec pour idée de revenir finir mon master à Paris par la suite. Le professionnalisme, la rigueur ainsi que la proximité « terrain » de mon université allemande m’auront finalement convaincu d’y rester à la fin de mon année et demie pour y finir mon master ; j’aurai donc au total étudié 3 ans et demis en Allemagne. Ces études m’auront, via différent stages en Allemagne, permit de décrocher mon premier job à Francfort.

D’un point de vue académique, le cursus Abibac a été un très gros avantage notamment concernant les concours et autres candidatures (en terminale) pour l’accès aux études supérieures : une LV1 rare (autre que anglais) a été assez efficace pour se démarquer du reste des concurrents et était aussi une garantie de points « faciles » sur les divers concours écrits et oraux du fait de leur niveau inférieur aux attentes de la section Abibac. En ce qui concerne le post-bac, l’anglais fit pour moi un retour au premier plan mais l’allemand me permit toujours de marquer des points en parallèle. A noter que l’Allemagne offre d’excellentes universités et formations dans tous les domaines et dont les conditions d’entrées se basent en général plus sur les notes de l’Abitur, ce qui élargit le champ des possibilités pour un élève de la section Abibac.

D’un point de vue professionnel, l’apprentissage intensif de l’Allemand au sein de la section Abibac a entièrement atteint son objectif de me rendre opérationnel, d’un point de vue linguistique, pour de potentielles études et emplois en Allemagne (ainsi qu’en Suisse, Autriche, Luxembourg et Lichtenstein), ce qui, au regard de l’économie européenne et de son marché de l’emploi, est un atout. Considérant le fait que l’allemand est nécessaire pour travailler en Allemagne, le travail fourni au cours des 3 années porte aujourd’hui ses fruits. D’un point de vue extra-scolaire, la section Abibac contribue énormément au développement personnel de ses étudiants. La mise de l’allemand et des relations franco-allemandes au centre de l’apprentissage permet non seulement d’étudier et comprendre en profondeur la culture, le pays et son histoire mais aussi de vivre diverses expériences riches organisées autour de ce thème de l’Allemagne. Je garderai d’excellents souvenirs de diverses sorties scolaires, d’un séjour d’une semaine dans la région de la Ruhr, d’une mise en scène et représentation théâtrale de Hansel et Gretel version moderne devant une soixantaine de personnes (il se peut que mes souvenirs aient augmenté la taille du public), d’un échange en immersion pendant 3 mois dans un lycée à Francfort, et des « amis pour la vie » gagnés durant ces années.

En résumé, la section Abibac, via l’excellent travail de professeurs très investis, ouvre un très grand nombre de portes mais aussi offre la possibilité d’apprendre beaucoup de choses très intéressantes, qui certes diffèrent un peu du parcours lycée classique mais le complètent parfaitement. Au regard de ce qui a suivi son obtention au cours des 5 dernières années, l’Abibac est un choix que je referais aujourd’hui sans hésiter.