Les études de droit en France et en Allemagne par Etienne Fritz, du lycée Charles de Gaulle de Dijon, promo 2016

Le cursus en droit français et allemand de l’Université Panthéon Sorbonne de Paris et de l’Université de Cologne m’a offert l’opportunité de continuer mes études franco-allemandes après l’AbiBac que j’ai obtenu en 2016.

Ce parcours est divisé en deux années à Cologne au cours desquelles les étudiants apprennent les bases du droit allemand puis en deux années à Paris durant lesquelles les étudiants apprennent les bases du droit français. Ils peuvent se spécialiser dans la branche de Master qu’ils souhaitent lors de la quatrième année. En tant que français ce fut une véritable chance pour moi de pouvoir directement commencer mes études en Allemagne car cela m’a permis de maintenir mon niveau d’allemand atteint en AbiBac.

De plus on ne perd pas de temps, tant en France qu’en Allemagne. On obtient le diplôme du Master 1 à la fin de ces quatre années d’études bien qu’ayant étudié pendant deux ans en Allemagne. À travers la connaissance de deux cultures, deux approches juridiques, l’étudiant atteint une certaine ouverture d’esprit et de meilleures compétences, même en évoluant dans sa seule sphère nationale. Cette expérience n’aurait pas été possible sans un double bac et s’inscrit ainsi dans sa parfaite continuité.

Le droit étant fondamentalement national, on peut se demander quel est le but recherché par un tel cursus. Il est très simple :

D’une part, l’intégration juridique très aboutie de l’Union Européenne représente un avantage tout particulier pour des juristes capables de comprendre deux systèmes européens.

D’autre part, agissant dans son système national en droit national, l’étudiant bénéficie d’une ouverture exceptionnelle liée à sa connaissance d’un droit étranger.

Enfin ce cursus m’a permis de découvrir deux façons d’étudier différentes et a beaucoup augmenté mon efficacité dans le travail.

Pour toutes ces raisons je serai éternellement reconnaissant d’avoir pu faire un double bac et d’avoir pu poursuivre mes études dans un tel cursus alliant la connaissance de deux pays, deux cultures, deux langues, et deux pratiques professionnelles.

De l’Abibac à la double licence d’Allemand et de Lettres Modernes à Paris IV, par Marine Ducoin, du lycée Nelson Mandela de Nantes, promo 2019

Je suis Marine, j’ai 18 ans et je viens tout juste de faire ma rentrée en L1, en double licence d’Allemand et de Lettres-Modernes, dans un cursus en partenariat avec l’Université de Bonn. En juillet dernier, j’ai reçu mon diplôme de l’Abibac au lycée Nelson Mandela à Nantes. Avoir eu la chance d’effectuer ce cursus au lycée m’a permis de m’enrichir d’un point de vue scolaire mais aussi d’un point de vue purement personnel, en effet, grâce à l’Abibac, j’ai pu acquérir des connaissances grammaticales en Allemand et des clefs pour étudier et comprendre des textes en version originale, ce qui s’avère très utile pour ce premier semestre en LLCER d’Allemand. Par ailleurs, j’ai pris l’habitude pendant ces trois dernières années d’avoir des heures de cours uniquement en Allemand (Histoire et Géographie) ce qui me permet aujourd’hui d’avoir un certain confort au niveau de la compréhension de la langue mais également une certaine liberté dans la prise de parole et la prise de notes en Allemand. Je pense qu’en Abibac, on apprend aussi à travailler de manière autonome et efficace, à s’organiser dans la charge de travail qui s’impose et la bonne ambiance dans la classe ainsi que l’écoute offerte par les enseignant.e.s chargé.e.s de ce cursus fait que tout se déroule à merveille. De plus, j’ai eu la possibilité de participer à plusieurs échanges, dont un « Brigitte Sauzay » en Seconde, encore une fois, c’est une expérience enrichissante qui nous permet de progresser dans la langue en elle-même, de perfectionner notre accent et de rencontrer des Allemands, de nouer des liens avec la famille d’accueil et avec le ou la correspondante et bien sûr d’en apprendre plus sur l’Histoire de l’Allemagne. En Première, j’avais pu participer à un projet franco-allemand, financé par l’OFAJ, en devenant Jury Jeune lors du Festival du Cinéma allemand à Nantes, ce qui m’a permis par la suite d’assister au Festival du Cinéma Max Ophüls à Sarrebruck et donc de découvrir des films allemands récents, de rencontrer des jeunes Allemandes de mon âge avec lesquelles j’ai gardé contact et de visiter la ville de Sarrebruck. Je pense que lors de la sélection qui se fait via Parcoursup, les enseignant.e.s qui recrutent dans des filières spécifiques ou à forte demande sont sensibles aux élèves qui sortent d’un cursus Abibac et d’autant plus si ces derniers demandent un parcours qui s’inscrit dans la continuité de ce qu’ils ont pu effectuer au lycée, donc cela ne peut être que bénéfique pour la poursuite d’études.

De l’Abibac à l’ingénieurie en génie civil par Julien Pressoir

Actuellement élève ingénieur en génie civil, je suis un double cursus franco-allemand afin d’obtenir un double diplôme, dans la continuité de l’abibac.

J’ai comme objectif de m’orienter vers un travail à l’international, nécessitant dans mon cas les connaissances en langue de Goethe, Molière et naturellement l’anglais qui reste inévitable.

C’est justement l’abibac qui m’a donné cette ouverture d’esprit, cette envie de voyager et cette volonté de découvrir d’autres cultures. Les nombreux échanges réalisés et l’apprentissage simultané des deux modes de vie n’y étant pas pour rien. La plupart de mes stages ingénieur ont été réalisé outre Rhin, que ce soit en Autriche ou en Allemagne. Et c’est une fois de plus l’abibac qui me l’a permis. En effet, j’ai pu développer un réseau dense me permettant d’avoir des contacts pour les stages et le logement.

L’Abibac est bien plus qu’un simple baccalauréat, il permet un développement personnel en plus d’un réseau de contact, mais également de nous ouvrir à de nouveaux horizons qui dépassent largement son biculturalisme.

J’ai été recrutée par une entreprise française… en Allemagne par Karine Sakali, lycée Albert Schweitzer – Le Raincy, promotion 2012

J’ai toujours détesté les cours de français, je suis nulle en orthographe, grammaire, commentaire de texte… mais j’ai adoré apprendre des langues étrangères. Alors quand au lycée j’ai eu la possibilité de suivre un cursus me permettant de vraiment apprendre l’Allemand, j’ai sauté sur l’occasion. Et voila comment je me suis retrouvée dans la première promotion de la classe Abibac du lycée Albert Schweitzer (Le Raincy).

Mais bon, il ne fallait pas non plus abuser : faire une filière littéraire…. Jamais ! Et puis quoi encore, moi j’aime le concret : les équations avec des chiffres et des lettres, les calculs d’énergie nécessaire pour monter trois étages et arriver à l’heure en cours. Alors pas question de faire une classe L. Non, moi je prends S. Et puis comme je suis plutôt bonne élève (et complétement masochiste) j’enchaine avec une prépa scientifique suivit d’une école d’ingé généraliste (Centrale Nantes). Alors là, mes profs d’Abibac m’ont regardée et se sont surement dit que je ne me servirais jamais de mon diplôme d’Abibac. Quel gâchis franchement ! Tant d’heures passées à faire ses dissertations d’histoire, à lire des discours de politiciens français… en allemand. Mais aujourd’hui je vais les rassurer. Les écoles d’ingénieur françaises ont ajouté une condition à l’obtention du diplôme d’ingénieur : un séjour à l’étranger ! J’ai bien sûr continué sur la lancée de l’Abibac et je suis partie faire un master dans l’université RWTH à Aix la Chapelle.

Me voici donc arrivée en Allemagne, dans une université avec plus de 30000 étudiants, moi qui viens d’une école d’ingé de 1000 étudiants, je ne vous raconte pas le dépaysement. Un campus divisé en 4, qui se déploie sur toute la ville de Aachen, 60 instituts, et en plus ils ne parlent pas français pour la plupart. Franchement dans la capitale de Charlemagne faut le faire, non ?

 Mais bon c’est là que mes années d’Abibac se sont retrouvées très utiles. Discuter, suivre des cours ou participer à des activités en Allemand je l’avais déjà fait, pas de raison de paniquer ! Enfin si, deux raisons : quand le chef d’orchestre donne une indication pour reprendre, que tu la comprends de travers et que c’est toi qui démarres avec un solo au mauvais endroit (grand moment de solitude garanti). Et la deuxième, quand ils se mettent à te donner des documents en anglais et qu’ils te parlent en allemand. Tu paniques, et il te faut trois minutes pour comprendre que le document n’est pas dans la même langue surtout qu’au début ton cerveau n’arrive pas à parler trois langues à la fois. Boire ou conduire, il faut choisir ! Bah ! c’est pareil dans ce cas ; lire ou écouter il faut choisir. J’ai quand même tenu 4 semestres dans cette université en incluant mon Masterarbeit. Et pendant ce temps j’ai enrichi mon vocabulaire allemand de mots techniques et courants, parmi eux se trouvent : Gelenk pour articulation et liaison mécanique, Blech pour la tôle ou les cuivres en musique, Gurt pour l’armature d’un système et pas seulement la ceinture autour, Kran pour la grue et le robinet, la différence entre löten et schweißen. Je peux à présent me vanter de pouvoir apprendre des mots d’allemand à mes anciens profs d’Abibac… Douce revanche sur ce DST où je ne me souvenais plus du mot « Gewaltenteilung » en seconde…

Mais voilà j’arrive à la fin de mes études et je dois chercher un travail. En France ou en Allemagne ? Je m’en moque, il faut juste que le poste me plaise. J’envoie alors ma candidature à une petite entreprise française trouvée par hasard via le réseau de mon école. Mais pour les entretiens physiques c’est un peu compliqué, je ne peux pas trop aller à Paris pendant mon Masterarbeit (et puis ça coute cher je suis étudiante, pas multimillionnaire). La RH me propose donc un entretien à Düsseldorf, vu qu’ils ont une équipe là-bas. Banco, j’y vais ! Pour les entretiens j’ai beaucoup apprécié leur gentillesse quand ils m’ont demandé dans quelle langue je souhaitais faire l’entretien : anglais ou allemand ? en me précisant qu’ils ne parlaient malheureusement pas français. Je leur retournais la question parce qu’après tout pour moi ça ne fait pas de différence, ce sont deux langues étrangères. Et à la suite de deux entretiens, un en Anglais et l’autre en Allemand, j’ai été embauchée. Mais moi j’étais persuadée que j’étais recrutée dans l’équipe de Paris. Quelle surprise quand je reçois mon contrat ; je découvre que je suis recrutée dans l’équipe de Düsseldorf. Bon bah ! le retour pour la francophonie n’est pas pour tout de suite !

Laura et Mathilde en échange Voltaire, histoire d’une jolie fugue à deux voix

Mathilde Defaye et Laura Hoppe Alvarez ont choisi en 2008 de participer au programme Voltaire. Elles nous racontent aujourd’hui leur histoire à deux voix et en deux langues.

Laura : „Als ich vor zehn Jahren entschieden habe, dass ich in meiner 11. Klasse ins Ausland gehen wollte, habe ich natürlich erstmal an die typischen englischsprachigen Länder gedacht. Ich muss ehrlicherweise sagen, dass es meine Eltern waren, die mich davon überzeugt haben, mich für ein französischsprachiges Land zu entscheiden. Sie waren der Meinung, dass das deutsche Schulsystem ein ausreichend gutes Englisch vermittelt und ich langfristig am meisten von einer neuen Sprache profitieren würde.

Über die Webseite des DFJWs bin ich auf das Voltaire-Programm gestoßen. (…) Als ich Mathildes Steckbrief gelesen habe, war sie mir auf Anhieb sympathisch. (…). Nach anfänglichem hin und her schreiben, fingen die Videoanrufe an und als wir uns sicher waren, dass wir zusammenpassen könnten, haben auch unsere Eltern Kontakt aufgenommen. „

Mathilde : « Fin janvier 2008, mon dossier pour le programme Voltaire a été envoyé dès le début de l’année scolaire et je reçois enfin celui de ma correspondante. En découvrant les informations sur ma future famille d’accueil, je commence à me poser un milliard de questions. Dès la première conversation sur MSN avec Laura, nous sommes d’accord sur une chose : nous avons trop attendu pour nous rencontrer, le plus tôt sera le mieux.

Nous voilà partis pour Essen, mes parents et moi, à peine deux semaines après cet échange. (…) Nos deux familles et nous étions probablement à des années lumières d’imaginer que c’était là le début d’une si belle histoire d’amitié.»

Laura: „ (…) Die sechs Monate, die wir zusammen in Deutschland verbracht haben empfinde ich heute als eine der intensivsten Zeiten meines Lebens. Wir haben uns kennen, streiten und lieben gelernt…so wie das bei Geschwistern normal ist. Es war nie eine normale Freundschaft zwischen Mathilde und mir, es war immer das Gefühl von Familie, das bis heute geblieben ist. Wir haben uns von Anfang an auf Deutsch unterhalten und nach den ersten zwei Monaten war Mathilde schon so flüssig, dass es sich völlig natürlich angefühlt hat.

Mathilde : « Mes six mois à Essen n’auraient pas pu mieux se dérouler. Ma famille d’accueil est devenue pour moi une vraie famille, Laura ma sœur. Lorsque ce fut son tour de venir en France, tout se déroula exactement de la même manière. Nos familles se sont aussi adoptées, les rencontres se font toujours avec beaucoup de joie et d’autres projets voient le jour. »

 Laura : „(…) Mein Französisch war bei meiner Ankunft in Frankreich so schlecht, dass ich natürlich sehr dankbar war in Mathilde eine Verbündete zu haben, mit der ich Deutsch reden konnte. Trotzdem haben wir sehr schnell entschieden, dass wir die Spielregeln beibehalten würden und wir in meiner Zeit in Frankreich nur Französisch reden würden. (…). Ganz ohne Deutsch ging es natürlich nicht, es hat sich als unsere Geheimsprache in Frankreich etabliert und war in einigen Situationen sehr hilfreich, insb. wenn wir nicht wollten, dass unsere Eltern oder Brüder und verstehen.

Mathilde : « Je retourne en Allemagne l’été, je pars aussi avec eux en vacances à l’étranger et j’ai fait un stage dans un hôpital à Essen l’été entre ma première et ma terminale. Laura part aussi avec nous et nos familles se retrouvent pour Noël. Nos petits frères finissent aussi par faire le programme Voltaire, ensemble. Une nouvelle aventure qui scelle encore plus le lien incroyable qui s’est formé entre nos deux familles. »

Laura : „ Ja, unsere Eltern und unsere Brüder. Mathildes Familie ist vom ersten Tag an auch meine Familie gewesen. Ich habe nie das Gefühl gehabt, dass zwischen den anderen Familienmitgliedern und mir unterschieden wurde. Als mein Französisch gut genug war, haben meine Gasteltern mich Fremden gegenüber selbstverständlich als ihre Tochter vorgestellt und es hat nie jemand nachgefragt. Ich glaube, wenn mich jemand nach meiner schönsten Erfahrung fragen würde, dann ist es genau das. Dieses Gefühl ohne Einschränkungen in eine Familie aufgenommen, beschützt und geliebt zu werden. Meine Gasteltern gehören bis heute zu den wichtigsten Bezugspersonen in meinem Leben. Sie haben mich in einer Phase geprägt, in der ich so viel von ihnen gelernt habe und dafür bin ich auf ewig dankbar.

(…) Mathilde ist heute Zahnärztin und ich bin Chemikerin. Wir sitzen beide an unseren Doktorarbeiten und haben nicht viel Zeit, aber jedes Mal, wenn wir zum Hörer greifen und auf einem deutsch-französischen Mischmasch reden oder wenn wir uns sehen, dann ist alles wie immer…wie bei echten Geschwistern eben. In meinem heutigen Berufsleben muss ich sagen, dass ich froh bin, mich damals für das Voltaire-Programm und für Frankreich entschieden zu haben. Ich bin Wissenschaftlerin und arbeite in einem sehr internationalen Umfeld. Die Tatsache, dass ich heute zertifiziert verhandlungssicher Französisch spreche, hat mir einige Türen geöffnet und meinen Freundeskreis um einiges bereichert. „

Mathilde : « Aujourd’hui cela fait dix ans que nos familles se sont adoptées. Dix ans que nous passons au moins une fois un moment ensemble par an : Noël, Pâques, le Nouvel an ou encore des vacances pour se faire découvrir nos pays respectifs. Nos parents sont même partis tous les quatre au Japon pour fêter ces dix ans d’amitié. (…) Aucun mot ne pourra décrire correctement le lien qui nous unit, probablement parce qu’il est aussi singulier que fort.

Mathilde et Laura : « Ce petit résumé de notre histoire me permet de vous dire que le programme Voltaire est à l’origine d’une de mes plus belles rencontres et d’une belle et longue histoire de famille. »

Mon échange Sauzay à Tübingen, par Anaïs, Lycée Felix Faure de Beauvais

Je m’appelle Anaïs, je suis partie en avril 2017 (durant mon année de seconde) pendant un mois en Allemagne, dans le cadre de l’échange Brigitte Sauzay. J’ai envoyé ma candidature à l’Académie, par laquelle j’ai été contactée par la suite pour une proposition de correspondante.

Je suis partie en voiture avec ma mère et ma sœur qui ont dormi une nuit à Tübingen. Nous avons été très bien accueillies par la famille de Theresa (ma correspondante). Les Allemands sont des hôtes en général très chaleureux. Nous avons tous ensembles visité Tübingen et le lendemain un petit château aux environs.

J’allais tous les jours à l’école à vélo, et n’avais que deux jours par semaine où j’avais école l’après-midi. Je trouve les cours allemands plus productifs que les nôtres, ils ont 45 minutes au lieu d’une heure et produisent le même travail en ayant 15 minutes de moins. Tous les élèves de la classe ont été très sympathiques avec moi et m’inséraient dans leurs groupes de travail notamment. J’étais dans la même classe que ma correspondante, tout en étant souvent avec ses amis ce qui nous a permis de très bien nous entendre durant ce mois. Au-delà de l’école, j’ai découvert la vie quotidienne allemande, des habitudes alimentaires au mode de vie en général.

J’ai beaucoup échangé avec la maman de Theresa qui s’est occupée de moi comme de sa propre fille. La famille de Theresa m’a permis de découvrir de superbes endroits, j’ai passé 3 jours à Berlin pour les « Kirchentag » (jours d’église) très populaires en Allemagne, lors desquels j’ai pu apercevoir Barack OBAMA ou encore Angela MERKEL, et visiter Berlin.

Je conseille bien entendu à toutes celles et tous ceux qui hésitent encore ou ont peur de partir, de sauter le pas, c’est une expérience à vivre et quand on en a la possibilité, c’est dommage de s’en priver. J’ai le sentiment d’avoir progressé en Allemand, et cela m’a beaucoup aidé pour la compréhension de l’oral.

Cet échange m’a été très bénéfique que ce soit d’un point de vue humain, culturel ou encore linguistique.

Mon échange Sauzay à la Waldorfschule de Kempten par Gwendoline Trémenec, lycée Félix Faure, Beauvais

Je suis partie en Allemagne en fin de seconde pendant trois mois dans le cadre d’un programme Brigitte Sauzay. J’ai posté une annonce sur le site de l’OFAJ afin de trouver une correspondante. Après avoir échangé quelques mails et fixé nos dates, j’ai pris le train pour Kempten alors que je ne savais ni à quoi ressemblait ma corres ni si j’allais arriver au bon endroit. En descendant du train, je me suis sentie très vite perdue mais heureusement, ma corres est venue vers moi et m’a demandé :« C’est bien toi ma corres française ? Comment est-ce qu’on prononce ton prénom ? » Ce furent les premiers mots qu’on échangea, et bien que je lui aie expliqué comment bien prononcer mon prénom, elle n’a jamais su le dire correctement, aucun Allemand d’ailleurs.

            Dès que je suis entrée dans la maison, je me suis tout de suite sentie chez moi. Sa famille m’a très bien accueillie et je me suis intégrée très facilement. Ses parents s’intéressaient beaucoup à la France, au français, à ma façon de vivre. J’aidais souvent sa mère, que ce soit pour cuisiner ou pour jardiner car vivant dans une ferme, la main d’œuvre est toujours la bienvenue.

            Mon premier jour à l’école a été à la fois surprenant et perturbant. Quand tous les élèves sont entrés en classe et se sont installés à leur place, le professeur allume une bougie pour réciter le Morgenspruch. Ensuite, les cours s’organisent d’une manière bien particulière. Les matières sont enseignées sous forme d’Epoche, c’est-à-dire qu’elles sont enseignées deux heures par jour par cycles de trois semaines. Les classes comprennent peu d’élèves et ne changent pas de la 1ère à la 12e classe. Les élèves sont donc très proches les uns des autres ce qui permet une bonne entraide.

            En France, notre système est basé sur la réussite et la compétitivité, l’école de ma corres sur un tout autre fondement. La Waldorfschlule est fondée sur la philosophie de Rudolf Steiner. Selon lui, l’Homme est un tout. Il a autant besoin de savoir se servir de ses mains que de son cerveau. Beaucoup de temps est donc consacré aux travaux manuels. J’ai eu l’occasion d’apprendre à tricoter, coudre, souder, scier tout en participant à la vie de l’école et à des projets de classe tels que construire des cabanes pour les plus petits ou fabriquer des lampes. L’art a également un rôle primordial dans cet enseignement. Les élèves font beaucoup de poésie, de théâtre, de musique, de chant, de dessin et d’eurythmie. L’eurythmie est un mélange entre du théâtre, de la danse et de la méditation qui vise à réfléchir sur son être et à se sentir bien dans son corps grâce à des mouvements. J’ai par exemple appris à danser mon prénom et les planètes. La première fois que j’ai assisté à un cours d’eurythmie, j’ai rigolé toute l’heure tellement ça m’a paru ridicule mais après y avoir participé, ça m’a tout de suite paru beaucoup plus intéressant et j’ai compris que c’était bien plus qu’une simple gestuelle.

            Ma corres habite en Bavière, une région bien particulière de l’Allemagne. Les traditions sont très ancrées dans la culture et les Bavarois en sont fiers. Il n’est pas rare de voir des gens dans la rue, habillés de tenues traditionnelles par exemple. L’accent est très prononcé et beaucoup de personnes parlent le bavarois ou le souabe, même les plus petits. J’ai donc pu apprendre quelques mots et expressions : en Bavière, on ne dit pas « Guten Tag » mais « Grüß Gott », « Wo bist du ? » devient « Wo bisch ? » et « essen » se prononce « essne ».

            Partir en Allemagne a été pour moi bien plus qu’un voyage linguistique. Vivre dans un autre pays pendant trois mois m’a fait prendre conscience de beaucoup de chose, que ce soit sur moi-même ou sur la France. Par exemple, j’ai vu une autre façon de voir le monde grâce à la Waldorfschlule, qui vise à n’apprendre que l’essentiel, au contraire des écoles françaises où l’on enseigne des matières beaucoup plus abstraites qui sont inutiles dans la vie de tous les jours et qui de plus stressent les élèves et ne laissent presque aucune place aux loisirs. J’ai également appris à être plus tolérante vis-à-vis des handicapés. Bien que je n’avais rien contre eux auparavant, les côtoyer tous les jours à l’école et faire des activités avec eux m’a fait grandir et j’ai pu apprécier de les aider. L’Allemagne m’a aussi fait réfléchir sur mes habitudes alimentaires. Les Allemands sont plus ouverts au végétarisme et au véganisme, ce qui m’a fait prendre conscience que la viande n’est pas indispensable. Mais avant tout, ce fut une expérience inoubliable qui m’a permis de rencontrer de nouvelles personnes, de découvrir une autre façon de vivre et de nouveaux horizons.

Etudier la médecine ? Et pourquoi pas en Allemagne ? par Nathanaël Saison, promo 2014, Lycée Faidherbe de Lille

Je m’appelle Nathanaël, j’ai aujourd’hui 22 ans et je suis étudiant en troisième année de Médecine à l’Université de Duisburg-Essen (Universitätsklinikum Essen).

Après avoir obtenu mon Abibac en 2014, j’ai décidé de partir faire mes études de médecine en Allemagne.

L’Abibac m’a donné la chance d’obtenir l’Abitur et mais surtout de pouvoir étudier la médecine en Allemagne.

Médecine en Allemagne, comment ça marche ?

La formation de base des médecins allemands est composée d’une formation pré-clinique et une formation clinique.

La formation pré-clinique dure 4 semestres. Elle comprend des cours théoriques et pratiques en physique-chimie, biologie, physiologie, biochimie, anatomie et psychologie/sociologie.

La formation s’achève par un examen appelé « Physikum » afin d’accéder à la troisième année et à la suite de la formation.

Pour ma part, je viens de finir la formation pré-clinique et je suis maintenant au début de ma formation clinique.

La formation clinique dure quatre ans avec une année pratique (praktisches Jahr) en 5ème année.

Comment être admis en médecine en Allemagne ?

L’obtention d’une place en médecine (mais aussi pour les études de pharmacie, dentaire et vétérinaire) se fait grâce à la plateforme hochschulstart.de.

Il y a trois critères principaux pour obtenir sa place :

  • 20% des places sont attribuées directement en fonction de la moyenne à l’Abitur (Abiturbestenquote)
  • 20% des places sont attribués uniquement en fonction du temps d’attente après l’Abitur (Wartezeit)
  • 60% des places sont attribuées par les universités elles-mêmes: sur examination du dossier, sur entretien ou bien sur examen (Auswahlverfahren).

En ce sens, il existe trois possibilités de candidature. Soit directement avec la moyenne de l’Abitur, la moyenne souhaitée sera de 1,0 – 1,1 par l’Abiturbestenquote, soit en attendant quelques années avant d’obtenir une place (Wartezeit).

Le plus accessible est le Auswahlverfahren, mais celui-ci est spécifique à chaque université. Il faut donc se renseigner sur les modalités imposées par l’université. Par exemple à Essen, la sélection se fait après entretien (Auswahlgespräch). Il est donc important de s’y préparer et de montrer ses motivations pour son projet d’étude.

Contrairement au système français, la PACES n’existe pas. Une fois la place obtenue peu d’étudiants ne réussissent pas leur étude, c’est un certain avantage et cela rassure beaucoup. En revanche, l’obtention des places est parfois très compliquée

Il est préférable de bien travailler son année de terminale et d’obtenir un bon Abibac quelle que soit la série.

Pourquoi j’ai choisi de faire mes études en Allemagne ?

C’est un peu par hasard que j’ai postulé pour avoir une place en médecine. Les informations sur le sujet étant limités sur internet, je suis un peu parti à l’aventure avec pas mal de craintes et de doutes. Mais au bout de quelques mois, je me suis très vite intégré et j’ai rapidement progressé en termes d’expression orale et les examens se sont enfilés les uns après les autres.

La formation allemande est très axée sur la pratique : 3 mois de stages hospitaliers sont obligatoires pour passer le « Physikum » ainsi qu’un stage d’initiation aux premiers secours.

Il y a aussi beaucoup de travaux pratiques dans les différentes matières, notamment les « Präparierkurs » en Anatomie. C’est une étape importante de la formation allemande et permet d’acquérir de très bonnes bases en anatomie.

D’autre part, l’université offre une ouverture européenne assez intéressante et beaucoup d’étudiants partent en Erasmus dont l’une de nos universités partenaires. La recherche est aussi un point fort, il est possible pour chaque étudiant avant l’approbation de soutenir une thèse soit statistique, clinique ou bien expérimentale.

La vie étudiante en Allemagne, ça donne quoi ?

Très agréable pour ma part, mais cela varie en fonction des villes. L’université offre beaucoup de possibilités d’activité, notamment du sport, des excursions ou bien encore de la musique.

En médecine, il y a quand même une charge de travail non négligeable mais on peut très bien faire des activités à coté sans soucis !

Les résidences universitaires proposent des loyers assez abordables, et on peut vivre très bien avec une bourse modeste. Pour ma part, je vis en WG dans le centre de Essen et je travaille aussi à temps partiel à l’université pour le centre de maladies rares.

La plupart des universités proposent aussi le « Semesterticket » qui permet aux étudiants d’utiliser tous les transports régionaux ou locaux. Cela permet de pouvoir découvrir les différents coins de la région et de partir se balader le week-end.

Quelques conseils ?

Avant tout, il faut maîtriser l’allemand mais surtout aimer vivre en Allemagne. Il ne faut pas avoir peur de se lancer dans un projet allemand, recueillir le maximum d’infos sur l’université envisagée mais surtout être motivé car les études sont un peu longues.

Beaucoup ne connaisse pas forcément les opportunités outre-Rhin et très peu d’élèves de l’Abibac franchissent le pas vers l’Allemagne. Je trouve que cela est vraiment dommage sachant que chacun sort du lycée avec l’Abitur en poche.

Petits mots de la fin :
J’aimerais remercier l’ensemble de l’équipe de l’Abibac du Lycée Faidherbe, notamment N. Kalpakidis et X. De Glowczewski qui font un super boulot et sans qui mon projet n’aurait pas forcément pu aboutir.

J’encourage tous les futurs AbiBacheliers, mais aussi ceux qui se sont peut-être mal orientés ou bien qui n’ont pas trouvé leur voie en France, à ne pas avoir peur de franchir le Rhin et d’aller découvrir les opportunités d’étude en Allemagne.

Mes études en Allemagne en cursus de droit franco-allemand, par Marine Rollier, Lycée Richelieu de Rueil-Malmaison, Promotion 2013

J’étudie actuellement à Munich depuis maintenant un an. J’entame ma 5e année de fac de droit…le temps passe tellement vite !  On stresse pour le bac et même pas le temps de souffler que l’on se retrouve déjà en niveau Bac +5.

J’étudie en Allemagne actuellement car après l’obtention de mon Baccalauréat et de mon Abitur au lycée Richelieu en 2013, j’ai voulu continuer dans un cursus franco-allemand. En effet, j’ai commencé l’allemand à l’âge de 12 ans par pur hasard – en effet je voulais être dans la même classe que ma meilleure amie de l’époque – et j’ai eu un véritable coup de foudre pour la langue. Comme quoi, le hasard fait bien les choses !

Donc comme je disais, après le bac, j’ai intégré l’un des Cursus de droit franco-allemand de l’université Panthéon-Assas, le Cursus BerMüPa. J’ai ainsi fait 3 ans d’études en France pour ensuite m’envoler pour deux ans à Munich, effectuer mon LL.M. à la Ludwig-Maximilians-Universität, magnifique université connue notamment pour la Rose Blanche.

J’appréhendais un peu le départ à l’étranger et surtout le fait de n’étudier qu’en langue étrangère. Finalement, cette peur est assez infondée avec du recul. Le niveau de langue acquis durant les 3 ans de lycée reste et on s’adapte assez facilement à l’apprentissage d’un nouveau vocabulaire (juridique pour ma part).  Surtout, les allemands adorent entendre les Français parler allemand et dire que tu as l’AbiBac est un moyen d’engager la conversation par exemple !

Plus sérieusement, je m’épanouis complètement dans mes études. Le système universitaire allemand est complètement différent du système français. Par exemple, il y a davantage d’interaction avec les professeurs et il ne faut ainsi pas s’étonner d’entendre un étudiant rebondir sur un propos du professeur en plein cours magistral. Etudier dans une autre langue permet une plus grande ouverture d’esprit et si l’on se destine à une carrière internationale, c’est vraiment un prérequis. J’effectue un Master 2 de Droit européen des Affaires et mes études binationales m’ont donné le goût du voyage et d’évoluer dans des langues étrangères ; j’ai par exemple pu effectuer un stage à Londres l’été dernier et cette année, mon stage de fin d’études se passe à Munich.

Pour conclure, je ne peux que conseiller d’intégrer une classe Abibac car on s’y épanouit au lycée et cela nous donne la possibilité d’être dans un cadre international par la suite.

Mon Job en Allemagne par Hugo Lebriez, lycée Richelieu de Rueil-Malmaison, Promotion 2012

J’ai 23 ans, j’habite près de Francfort depuis maintenant presque 4 ans et la semaine prochaine je commencerai mon premier emploi en CDI, dans l’expertise comptable ici à Francfort. Si l’on m’avait raconté cela il y a de ça 8 ans, au début de mon année de 3ème, je ne suis pas sûr que j’y aurais cru. Etant à cette époque un bon élève en Allemand et ayant envie de « vraiment parler la langue », je m’étais dirigé vers la section Abibac du Lycée Richelieu à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine. Je passai et obtins mon Bac ainsi que l’Abitur dans ce lycée en Juin 2012. Par la suite, me destinant à des études dites « de commerce » mais privilégiant l’aspect concret de cet enseignement, je fis le choix de rejoindre une école de commerce post-bac à la Défense, près de Paris, et ce visant l’obtention d’un master (5 ans d’études). Cette école, comme toute école de commerce, offrait la possibilité d’effectuer une partie du cursus à l’étranger. Voulant rester dans la lignée de l’Abibac et souhaitant retrouver un niveau en allemand diminué depuis la sortie du lycée, je pris donc la décision de partir pour 1 an et demi dans une université allemande (EBS Universität für Wirtschaft und Recht) près de Francfort, avec pour idée de revenir finir mon master à Paris par la suite. Le professionnalisme, la rigueur ainsi que la proximité « terrain » de mon université allemande m’auront finalement convaincu d’y rester à la fin de mon année et demie pour y finir mon master ; j’aurai donc au total étudié 3 ans et demis en Allemagne. Ces études m’auront, via différent stages en Allemagne, permit de décrocher mon premier job à Francfort.

D’un point de vue académique, le cursus Abibac a été un très gros avantage notamment concernant les concours et autres candidatures (en terminale) pour l’accès aux études supérieures : une LV1 rare (autre que anglais) a été assez efficace pour se démarquer du reste des concurrents et était aussi une garantie de points « faciles » sur les divers concours écrits et oraux du fait de leur niveau inférieur aux attentes de la section Abibac. En ce qui concerne le post-bac, l’anglais fit pour moi un retour au premier plan mais l’allemand me permit toujours de marquer des points en parallèle. A noter que l’Allemagne offre d’excellentes universités et formations dans tous les domaines et dont les conditions d’entrées se basent en général plus sur les notes de l’Abitur, ce qui élargit le champ des possibilités pour un élève de la section Abibac.

D’un point de vue professionnel, l’apprentissage intensif de l’Allemand au sein de la section Abibac a entièrement atteint son objectif de me rendre opérationnel, d’un point de vue linguistique, pour de potentielles études et emplois en Allemagne (ainsi qu’en Suisse, Autriche, Luxembourg et Lichtenstein), ce qui, au regard de l’économie européenne et de son marché de l’emploi, est un atout. Considérant le fait que l’allemand est nécessaire pour travailler en Allemagne, le travail fourni au cours des 3 années porte aujourd’hui ses fruits. D’un point de vue extra-scolaire, la section Abibac contribue énormément au développement personnel de ses étudiants. La mise de l’allemand et des relations franco-allemandes au centre de l’apprentissage permet non seulement d’étudier et comprendre en profondeur la culture, le pays et son histoire mais aussi de vivre diverses expériences riches organisées autour de ce thème de l’Allemagne. Je garderai d’excellents souvenirs de diverses sorties scolaires, d’un séjour d’une semaine dans la région de la Ruhr, d’une mise en scène et représentation théâtrale de Hansel et Gretel version moderne devant une soixantaine de personnes (il se peut que mes souvenirs aient augmenté la taille du public), d’un échange en immersion pendant 3 mois dans un lycée à Francfort, et des « amis pour la vie » gagnés durant ces années.

En résumé, la section Abibac, via l’excellent travail de professeurs très investis, ouvre un très grand nombre de portes mais aussi offre la possibilité d’apprendre beaucoup de choses très intéressantes, qui certes diffèrent un peu du parcours lycée classique mais le complètent parfaitement. Au regard de ce qui a suivi son obtention au cours des 5 dernières années, l’Abibac est un choix que je referais aujourd’hui sans hésiter.