GIRAF-IFFD, une association franco-allemande de jeunes chercheuses et chercheurs

Par Alice Volkwein[1] et Paul Maurice[2]

GIRAF-IFFD (Groupe interdisciplinaire de recherche Allemagne-France – Interdisziplinäre Forschungsgruppe Frankreich-Deutschland) est une association de jeunes chercheurs, doctorants et post doctorants en littérature, sciences humaines et sociales dont les travaux concernent la France et les pays de langue allemande. L’association GIRAF est née de rencontres qui se sont déroulées lors de la première université d’été franco-allemande de doctorants tenue à Berlin en 2002. De jeunes chercheurs francophones et germanophones, travaillant dans diverses disciplines des sciences humaines et sociales, ont pris conscience des limites de leurs connaissances sur les recherches réalisées « de l’autre côté du Rhin », ainsi que de la similitude des problèmes pratiques rencontrés lors de l’entrée dans le monde de la recherche. De ces constats est née l’idée de mettre en place un réseau de jeunes chercheurs qui travaillent parfois sans le savoir sur des sujets proches : la complémentarité des cultures scientifiques française et allemande ainsi que l’enrichissement réciproque d’approches disciplinaires différentes devaient être mis à profit. L’association s’est donnée pour but de mettre en place un réseau d’informations administratives, scientifiques, et pratiques, de contribuer à favoriser les échanges scientifiques entre les jeunes chercheurs, et enfin de créer et entretenir un vrai dialogue avec les différentes institutions françaises et allemandes du monde de la recherche et de l’enseignement supérieur[3]. Le réseau GIRAF-IFFD a donc pour vocation première d’encourager les échanges, dialogues et synergies entre jeunes chercheurs francophones et germanophones, afin qu’ils élaborent ensemble des projets scientifiques exigeants que viennent enrichir l’apport de deux traditions scientifiques et le maniement de deux langues différentes. GIRAF-IFFD est dans le même temps un lieu où l’on discute et résout des problèmes concrets, depuis la recherche de financements jusqu’à l’échange d’appartements lors des séjours dans le pays partenaire, en passant par la constitution de binômes pour la correction de travaux de recherche. Les pages Internet[4], Facebook[5], Twitter, LinkedIn et Academia[6] de l’association jouent un rôle majeur dans la consolidation du réseau.

Outre des réunions mensuelles dans différentes villes où sont présents les membres de l’association, GIRAF-IFFD organise également tous les deux ans un atelier de recherche interdisciplinaire réunissant une vingtaine de jeunes chercheurs germanophones et francophones. Ces ateliers, organisés avec le soutien de l’UFA-DFH[7], du CIERA[8], de l’OFAJ-DFJW[9] ou du DAAD[10] et de diverses universités françaises et allemandes, ont tous abouti à une publication bilingue[11]. En effet, une caractéristique de tous les ateliers interdisciplinaires de GIRAF-IFFD est de mettre l’accent sur un concept ou un couple de concepts mettant en lien les différentes disciplines représentées au sein de l’association (par exemple en 2012 « Le Passage » / „Der Übergang“ ; en 2013 « Politique et Altérité » / „Politik und Alterität“ ; et en 2018 « Émotions, politique et médias » / „Emotionen, Politik und Medien“). Les ateliers de recherche offrent donc aux membres de GIRAF-IFFD la possibilité d’organiser un colloque international, du projet scientifique jusqu’à la publication, en passant par la levée de fonds et la mise en œuvre logistique en collaboration avec les diverses institutions franco-allemandes, ce qui a permis à l’association d’être désormais reconnue comme une association franco-allemande incontournable[12].

D’autre part, GIRAF-IFFD mène régulièrement des enquêtes sur différents sujets au cœur des préoccupations des jeunes chercheurs français et allemands. Dans ce cadre, l’association s’est alors penché en 2009 sur le thème de la difficile insertion professionnelle des doctorants.  Les enquêtes ont révélé un pessimisme partagé dans les deux pays, qui repose sur des difficultés réelles. Cependant, concernant tout aussi bien une carrière dans la recherche qu’une possible réorientation professionnelle après le doctorat, la situation a été dans l’ensemble évaluée de manière plus favorable en Allemagne qu’en France. Sur la base de ce constat, de nouveaux partenariats ont été noués, notamment avec l’Association Bernard Gregory engagée pour l’insertion professionnelle des jeunes docteurs, et des propositions concrètes d’amélioration ont pu être formulées et proposées aux établissements d’enseignement supérieurs partenaires. La dernière enquête en 2015 était consacrée aux changements des conditions générales se rapportant au doctorat dans le cadre du processus européen de Bologne et aux effets de ceux-ci sur la pratique scientifique des doctorants[13].

Aujourd’hui GIRAF-IFFD se trouve dans une phase de consolidation de ses orientations et de ses activités : l’association, ses ateliers de recherche et ses enquêtes jouissent d’une audience de plus en plus large, en France comme en Allemagne. Des disciplines très variées sont représentées au sein de l’association, les études germaniques (civilisation, littérature, linguistique allemandes), la littérature française, la littérature générale et comparée, l’histoire, la géographie, la philosophie, les sciences politiques, la sociologie, les relations internationales, la communication, la psychologie, le droit ou bien les sciences de l’éducation.  GIRAF-IFFD développe donc de nouveaux partenariats et consolide son ancrage dans la recherche franco-allemande. Dans ce domaine, GIRAF-IFFD a deux missions à remplir, auxquelles est confrontée toute association dont l’ensemble des membres est changeant par nature. Il y a ainsi un impératif qui lui est étroitement lié : maintenir le contact avec les anciens membres, qui n’ont plus le statut de jeuneschercheurs ou chercheuses, mais restent potentiellement d’importants interlocuteurs et diffuseurs pour GIRAF-IFFD. Il y a enfin un besoin d’une continuité, requérant pour cela que GIRAF-IFFD se fasse connaître auprès des étudiants, futurs étudiants et jeunes chercheurs et chercheuses toujours aussi nombreux dans le domaine de la recherche franco-allemande et à laquelle les élèves des classes Abibac peuvent aspirer.


[1] Alice Volkwein enseigne l’allemand en spécialité en Lettres Supérieures et Première Supérieure (Hypokhâgne et Khâgne) au Lycée Claude Monet à Paris. Elle a été présidente de l’association GIRAF-IFFD (2008-2012).

[2] Paul Maurice enseigne l’histoire-géographie en section européenne et Abibac au Lycée Albert Schweitzer du Raincy dans l’académie de Créteil. Il est par ailleurs membre du bureau de l’association GIRAF-IFFD.

[3] Henning Fauser, « GIRAF-IFFD – Eine deutsch-französische Nachwuchsforschervereinigung », in Dorothee Röseberg, Marie-Therese Mäder (dir.), Le Franco-Allemand. Herausforderungen transnationaler Vernetzung. Enjeux des réseaux transnationaux, Berlin, Logos Verlag, 2014, p. 239-248.

[4] Site Internet de l’association : http://www.giraf-iffd.eu/gs/

[5] https://www.facebook.com/GirafIffd

[6] https://giraf-iffd.academia.edu/GIRAFIFFD

[7] Université franco-allemande – Deutsch-Französische Hochschule :

https://www.dfh-ufa.org/fr/recherche/abg/newsletter-et-archives/2015/newsletter-012015/giraf-iffd/

[8] Centre interdisciplinaire d’études et de recherches sur l’Allemagne :  http://www.ciera.fr/en/node/1980

[9] Office franco-allemand pour la Jeunesse – Deutsch-Französisches Jugendwerk :  http://histoire-memoire.ofaj.org/liens-utiles

[10] Deutscher Akademischer Austauschdienst :  https://www.daad-france.fr/files/2017/08/eNL_DAAD_Paris_12.pdf

[11] La dernière en date étant : Silvia Richter & Maude Williams, (Hrsg./dir.), Zum Phänomen des Austauschs in den Geistwissenschaften/Les phénomènes de l’échange dans les sciences humaines, Bruxelles, PIE Peter Lang, 2016

[12] Alice Volkwein, « GIRAF-IFFD Groupe interdisciplinaire de recherche entre l’Allemagne et la France – Interdisziplinäre Forschungsgruppe Frankreich Deutschland », in Nicole Colin, Corine Defrance, Ulrich Pfeil, Joachim Umlauf (dir.), Lexikon der deutsch-französischen Kulturbeziehungen nach 1945, 2. Auflage, Tübingen, Narr Verlag, 2015, p. 273-274. La traduction française, Lexique des relations culturelles franco-allemandes depuis 1945 doit paraître à Lille aux Presses universitaires du Septentrion en 2019.

[13] Agathe Bernier-Monod, Valérie Dubslaff, Annette Lensing, Naomi Truan & Bérénice Zunino, « Le doctorat nouvelle mouture : pratiques et vécu en France et en Allemagne. Une enquête de l’association GIRAF-IFFD », In Helsa Meise, Thomas Nicklas & Christian E. Roques (dir.), Hybridisierungen, Hybridations, Reims, Les Éditions de l’Épure, 2017, p. 297–314.

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